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Pourquoi ai-je un point de côté en courant et comment l’éviter ?

Le point de côté vient d’une irritation bénigne du péritoine, favorisée par un estomac plein et une respiration courte : les gestes qui le font céder et ceux qui l’évitent.

Par la rédaction KL-Annuaire 15 août 2026 8 min de lecture
Coureur en foulée régulière sur un chemin dans la lumière du matin
Un coureur en foulée régulière sur un chemin, dans la lumière douce du matin.

Cette douleur aiguë sous les côtes qui vous oblige à ralentir en pleine sortie, presque toujours du même côté, porte un nom en médecine du sport : la douleur abdominale transitoire liée à l’exercice. Elle est bénigne, extrêmement fréquente, et surtout largement évitable une fois qu’on en connaît les déclencheurs.

Trois leviers suffisent à la faire disparaître chez la plupart des coureurs : ce que vous mangez et buvez avant, la façon dont vous respirez pendant, et la progressivité de votre entraînement. Voici comment agir sur chacun, et quand la douleur mérite au contraire un avis médical.

Ce qui provoque réellement un point de côté

L’explication longtemps répandue, un spasme du diaphragme mal irrigué, n’est plus la seule retenue. Les travaux les plus récents en médecine du sport privilégient une autre piste : l’irritation du péritoine pariétal, la fine membrane qui tapisse la cavité abdominale. Les mouvements répétés de l’effort provoquent des frottements entre ses feuillets, et cette irritation déclenche la douleur caractéristique.

Cette hypothèse explique bien plusieurs observations de terrain. Elle rend compte du fait que la douleur se manifeste surtout dans les sports impliquant des mouvements répétés du tronc, course à pied, natation, équitation, qu’elle survienne plus volontiers après un repas ou une boisson abondante qui distend l’estomac, et qu’elle irradie parfois vers l’épaule, un trajet nerveux typique du péritoine.

La localisation la plus fréquente est le côté droit, sous les côtes. Ce n’est pas une coïncidence : le foie, organe volumineux, occupe cette région et exerce des tractions sur les structures voisines à chaque foulée. Un point à gauche reste toutefois parfaitement banal.

À retenir

Le point de côté n’est pas un signe de mauvaise condition physique ni de blessure. C’est une irritation mécanique bénigne, favorisée par un estomac plein, une respiration superficielle et une intensité mal dosée, trois facteurs sur lesquels vous pouvez agir directement.

Les déclencheurs à identifier chez vous

Tous les coureurs ne réagissent pas aux mêmes facteurs. Ce tableau aide à repérer le vôtre en confrontant les circonstances de vos points de côté à leurs causes habituelles.

Quand la douleur survientDéclencheur probableCorrectif
Sur les sorties suivant un repasDigestion en cours, estomac distenduAllonger le délai entre le repas et la sortie
Après avoir bu beaucoup juste avantVolume liquide dans l’estomacBoire par petites gorgées régulières
Dès le début, sans échauffementPassage trop brutal à l’intensitéDémarrer progressivement sur plusieurs minutes
Sur les séances rapides uniquementIntensité au-delà du niveau actuelProgressivité, fractionné mieux dosé
En descente ou sur terrain irrégulierImpacts et oscillations du troncFoulée plus courte, buste gainé
Sur presque toutes les sortiesRespiration superficielle, sangle abdominale faibleTravail respiratoire et gainage

Deux facteurs sont particulièrement sous-estimés. Le premier est la concentration des boissons : les boissons très sucrées, jus de fruits ou sodas, ralentissent la vidange de l’estomac et augmentent nettement le risque, davantage que l’eau plate consommée en quantité comparable. Le second est le niveau d’entraînement : le point de côté frappe beaucoup plus souvent les débutants et les coureurs qui reprennent après une interruption, et il tend à s’espacer spontanément à mesure que la pratique devient régulière.

Que faire quand il survient en pleine course

Inutile de serrer les dents en espérant que cela passe : quelques gestes précis font céder la douleur en une à deux minutes dans la plupart des cas.

  1. Ralentissez sans vous arrêter net. Passez en marche active ou en trot très lent : la réduction des impacts suffit souvent à faire refluer la douleur.
  2. Respirez profondément par le ventre. Inspirez lentement en gonflant l’abdomen, puis expirez longuement et complètement, en vidant bien les poumons. C’est l’expiration forcée qui agit le plus.
  3. Appuyez avec la main sur la zone douloureuse, en vous penchant légèrement vers l’avant pendant quelques respirations.
  4. Étirez le côté concerné en levant le bras du même côté et en vous inclinant doucement du côté opposé, sans forcer.
  5. Synchronisez ensuite votre souffle avec vos appuis, en expirant sur le pied opposé au côté douloureux, avant de reprendre progressivement votre allure.
Astuce

Le point le plus efficace est l’expiration complète. Beaucoup de coureurs inspirent amplement mais expirent à moitié : l’air résiduel maintient une pression sous le diaphragme. Forcez l’expiration jusqu’au bout pendant quelques cycles, la différence est souvent immédiate.

Ne reprenez votre allure initiale qu’une fois la douleur complètement dissipée. Repartir trop vite fait presque toujours revenir le point, souvent plus vite et plus fort que la première fois.

Respiration et gainage : le travail de fond

Deux habitudes réduisent durablement la fréquence des points de côté, et toutes deux se travaillent en dehors des sorties.

La première est la respiration abdominale. Beaucoup de coureurs respirent haut, dans la partie supérieure du thorax, avec des cycles courts et superficiels. Cette ventilation sollicite peu le diaphragme et maintient une pression inconfortable dans l’abdomen. Apprendre à faire descendre la respiration dans le ventre, d’abord au repos puis en course, change nettement les choses, quelques minutes par jour suffisent à installer l’automatisme.

La seconde est le gainage. Une sangle abdominale tonique stabilise le tronc et limite les oscillations à chaque foulée, donc les frottements en cause dans la douleur. Deux à trois séances courtes par semaine, centrées sur les gainages statiques classiques, produisent des effets perceptibles en quelques semaines.

Ce qui réduit le risque

  • Repas terminé bien avant la sortie.
  • Hydratation par petites gorgées régulières.
  • Échauffement progressif de plusieurs minutes.
  • Respiration ample, expiration complète.
  • Gainage régulier et régularité d’entraînement.

Ce qui l’augmente

  • Courir juste après un repas copieux.
  • Boissons sucrées ou gazeuses avant l’effort.
  • Départ à allure rapide sans transition.
  • Respiration haute et saccadée.
  • Reprise brutale après une longue coupure.

Ces deux chantiers profitent bien au-delà du point de côté : ils améliorent l’efficacité de la foulée et la tolérance à l’effort en général. C’est le même principe de progressivité qui limite les courbatures qui surviennent deux jours après le sport, dans les deux cas, c’est l’écart brutal entre l’habitude et la sollicitation qui crée le problème.

Ce qu’il faut manger et boire, et quand

C’est le levier le plus rapide à actionner, et souvent le plus décisif. Un estomac distendu par un repas récent ou un grand volume de liquide augmente mécaniquement les tractions sur les structures abdominales à chaque foulée.

La règle pratique consiste à laisser passer un délai confortable après un repas complet, de l’ordre de deux à trois heures, et un délai plus court après une collation légère. Ce délai varie sensiblement d’une personne à l’autre : à vous d’identifier le vôtre en notant ce que vous avez mangé avant les sorties qui se sont mal passées.

Côté composition, privilégiez avant une sortie des aliments digestes et pauvres en fibres et en graisses. Les repas riches en fibres, très gras ou très épicés ralentissent la vidange gastrique et pèsent plus longtemps sur l’estomac. Pour l’hydratation, buvez régulièrement dans la journée plutôt qu’un grand volume juste avant de partir, et préférez l’eau plate aux boissons sucrées ou gazeuses dans l’heure qui précède.

Le point de côté sanctionne rarement le manque de forme. Il sanctionne le repas trop proche, le départ trop rapide et le souffle trop court., Principe de base en médecine du sport

Quand la douleur n’est pas un point de côté

Le point de côté a une signature nette : il apparaît pendant l’effort, se situe sur le côté sous les côtes, cède au repos ou au ralentissement, et disparaît complètement en quelques minutes sans laisser de trace. Toute douleur qui s’écarte de ce schéma mérite un avis médical.

Avertissement

Consultez sans tarder si la douleur persiste après l’arrêt de l’effort, si elle survient aussi au repos, si elle s’accompagne d’un essoufflement inhabituel, de sueurs, de nausées, de vertiges ou d’une douleur qui irradie dans le bras, la mâchoire ou la poitrine. Une douleur thoracique à l’effort n’est jamais à banaliser, quel que soit votre âge ou votre niveau.

Méritent également un examen : une douleur qui s’installe systématiquement au même endroit et gagne en intensité au fil des semaines, une douleur accompagnée de troubles digestifs marqués, ou l’apparition soudaine de points de côté chez un coureur régulier qui n’en avait jamais eu, sans changement d’alimentation, d’allure ni de charge d’entraînement.

Enfin, si vous reprenez la course après une longue interruption, après une maladie, ou si vous présentez des facteurs de risque cardiovasculaire, un avis médical avant de replonger dans l’entraînement reste la démarche la plus sage. C’est aussi l’occasion de faire vérifier des points souvent négligés, comme l’usure de vos appuis : des chaussures qui s’usent toujours du même côté signalent un déséquilibre de foulée qui mérite d’être corrigé.

Le plan, en pratique

Pour faire disparaître durablement les points de côté, appliquez ces mesures ensemble sur quelques semaines plutôt que d’en tester une seule à la fois.

  • Laissez au moins deux à trois heures entre un repas complet et une sortie, moins pour une collation légère.
  • Buvez régulièrement dans la journée, par petites quantités, plutôt qu’un grand volume juste avant de partir.
  • Échauffez-vous progressivement pendant plusieurs minutes au lieu de démarrer à votre allure de croisière.
  • Travaillez la respiration abdominale au repos, puis en course, en insistant sur l’expiration complète.
  • Ajoutez deux à trois séances courtes de gainage par semaine.
  • Augmentez volume et intensité progressivement : la régularité fait plus contre le point de côté que n’importe quelle astuce ponctuelle.

Chez la grande majorité des coureurs, ces ajustements font disparaître le problème en quelques semaines, et il ne réapparaît ensuite qu’à l’occasion d’un écart, un repas trop proche, une reprise après coupure. C’est d’ailleurs l’un des plaisirs discrets de la régularité, au même titre que les bénéfices de la course à pied sur le bien-être mental : le corps s’adapte, et ce qui semblait une fatalité devient un souvenir.

Questions fréquentes

On vous répond

Pourquoi le point de côté est-il presque toujours à droite ?

Parce que le foie, organe volumineux et lourd, occupe cette région de l’abdomen et exerce des tractions sur les structures voisines à chaque impact de la foulée. C’est la localisation la plus fréquente, mais un point de côté à gauche est également banal et n’a rien d’inquiétant en soi.

Combien de temps faut-il attendre après avoir mangé pour courir ?

Comptez de l’ordre de deux à trois heures après un repas complet, et un délai plus court après une collation légère. Ce délai varie sensiblement d’une personne à l’autre : notez ce que vous avez mangé avant les sorties qui se sont mal passées pour identifier votre propre seuil.

Le point de côté disparaît-il avec l’entraînement ?

Oui, dans la plupart des cas. Il frappe beaucoup plus souvent les débutants et les coureurs qui reprennent après une interruption, et s’espace spontanément à mesure que la pratique devient régulière. La progressivité de la charge d’entraînement est le facteur le plus déterminant.

Faut-il s’arrêter complètement quand un point de côté survient ?

Non, mieux vaut ralentir en marche active ou en trot très lent plutôt que de s’arrêter net. Réduisez les impacts, expirez profondément et complètement, appuyez sur la zone douloureuse et étirez le côté concerné. Ne reprenez votre allure initiale qu’une fois la douleur totalement dissipée.

Boire pendant l’effort provoque-t-il des points de côté ?

Ce n’est pas le fait de boire qui pose problème, mais le volume et la nature de la boisson. Un grand volume avalé d’un coup distend l’estomac et augmente le risque, tout comme les boissons très sucrées ou gazeuses qui ralentissent la vidange gastrique. Buvez par petites gorgées régulières, de préférence de l’eau plate.

Comment distinguer un point de côté d’un problème cardiaque ?

Un point de côté se situe sur le côté sous les côtes, cède au ralentissement et disparaît complètement en quelques minutes. Une douleur qui persiste après l’arrêt, survient au repos, ou s’accompagne d’essoufflement inhabituel, de sueurs, de nausées ou d’une irradiation vers le bras, la mâchoire ou la poitrine impose une consultation sans délai.

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