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Douleurs rénales menstruelles : comprendre les maux de reins durants les règles chez les sportives

Chez les sportives, un mal de reins pendant les règles est souvent lombaire et irradié, mais certains signaux imposent d’écarter une cause urinaire.

Par la rédaction KL-Annuaire 10 janvier 2024 9 min de lecture
Douleurs rénales menstruelles : comprendre les maux de reins durants les règles chez les sportives
Une sportive adapte sa séance en tenant compte de douleurs lombaires pendant ses règles.

Pendant les règles, de nombreuses sportives parlent de « douleurs aux reins ». Le terme décrit le plus souvent une douleur du bas du dos, parfois profonde et très invalidante, liée aux mécanismes menstruels ou à une surcharge musculo-squelettique — et non une maladie rénale.

Cette distinction n’est pourtant pas un détail. Une gêne lombaire diffuse peut se gérer par une adaptation intelligente de l’entraînement ; une douleur sur le flanc avec des signes urinaires ou de la fièvre doit faire rechercher une autre cause. Voici comment comprendre les symptômes, poursuivre le sport sans les banaliser et savoir quand consulter.

« Douleur aux reins » : de quoi parle-t-on vraiment ?

Dans le langage courant, les « reins » désignent souvent toute la zone située au bas du dos. Sur le plan anatomique, les reins sont plus hauts, de part et d’autre de la colonne, sous les dernières côtes. Une douleur rénale vraie se ressent volontiers dans le flanc ou le dos haut-latéral ; elle peut être profonde, unilatérale et parfois irradier vers l’aine. À l’inverse, la douleur menstruelle irradiée se concentre plus fréquemment au bas-ventre, au sacrum, aux fesses ou aux lombaires.

Chez une sportive, la frontière peut sembler floue. Les muscles lombaires, fessiers, abdominaux et du plancher pelvien travaillent ensemble pour stabiliser le tronc lors de la course, des sauts, des charges, des changements d’appui ou de la nage. Une tension locale préexistante peut donc devenir beaucoup plus sensible au moment des règles. Le mot « rénal » ne doit pas conduire à l’autodiagnostic : la localisation, l’évolution et les symptômes associés comptent davantage que l’étiquette donnée à la douleur.

Profil de douleurIndices fréquentsConduite à tenir
Douleur menstruelle irradiéeCrampes pelviennes, douleur diffuse dans les lombaires ou le sacrum, survenue autour des règlesMesures de soulagement et adaptation de l’activité ; avis médical si elle est inhabituelle ou invalidante
Douleur musculo-squelettiqueDéclenchée par un geste, une position ou une charge ; raideur, sensibilité musculaire, amélioration variable avec le mouvementRéduire les contraintes, travailler la récupération ; consulter si douleur intense, persistante ou neurologique
Cause urinaire ou rénale possibleDouleur d’un flanc, brûlures en urinant, envies fréquentes, fièvre, frissons, nausées ou vomissementsDemander rapidement un avis médical ; urgence selon l’intensité et l’état général

Le sang des règles peut aussi rendre difficile l’interprétation visuelle des urines. Si vous avez l’impression d’observer du sang en dehors du flux menstruel, ou si la douleur urinaire est nette, ne concluez pas trop vite que tout vient des règles : un professionnel pourra décider d’une analyse d’urines ou d’un examen adapté.

À retenir

Une douleur lombaire cyclique n’est pas automatiquement inquiétante, mais une douleur de flanc associée à des symptômes urinaires ou généraux ne doit jamais être attribuée d’office aux menstruations.

Pourquoi les règles peuvent faire mal dans le bas du dos

La dysménorrhée, c’est-à-dire les règles douloureuses, résulte en grande partie des contractions de l’utérus. Au début des menstruations, des médiateurs appelés prostaglandines participent à ces contractions. Lorsqu’elles sont importantes, elles peuvent s’accompagner de crampes, de nausées, de fatigue, de transit perturbé et d’une amplification de la perception douloureuse.

La douleur n’obéit pas toujours à une carte anatomique parfaite. Les structures du bassin et de la région lombaire partagent des voies nerveuses proches : une douleur utérine peut ainsi être ressentie dans le dos, le sacrum ou les cuisses. Cette douleur projetée explique qu’une sportive sans problème rénal puisse avoir la sensation d’un mal de reins très réel pendant ses règles.

Le rôle de la charge d’entraînement

Le sport n’est pas la cause des règles douloureuses, et une sportive entraînée peut avoir une dysménorrhée marquée. En revanche, l’état de fatigue, une séance récente de force, un volume de course inhabituel, des impacts répétés ou un manque de récupération peuvent rendre le complexe lombo-pelvien moins tolérant. Les exercices qui imposent un gainage très intense, une forte pression abdominale ou des extensions lombaires répétées peuvent majorer l’inconfort chez certaines personnes.

À l’inverse, une activité modérée et choisie peut procurer un soulagement : elle favorise la mobilité, détend certains muscles et peut améliorer le vécu de la douleur. Il ne s’agit pas d’une règle universelle. Le bon niveau d’effort est celui qui laisse la douleur stable ou décroissante pendant la séance et n’aggrave pas nettement les symptômes dans les heures suivantes.

Hydratation, énergie disponible et récupération

Une bonne hydratation est utile au confort et à la performance, mais boire davantage ne traite pas à elle seule une douleur menstruelle ni une infection urinaire. Buvez régulièrement selon votre soif, la chaleur et la transpiration, sans vous forcer à des volumes excessifs. Après une séance longue ou chaude, la réhydratation doit aussi tenir compte des pertes en sels minéraux et de l’alimentation.

Le manque de sommeil, les restrictions alimentaires, une récupération insuffisante ou une disponibilité énergétique trop faible peuvent augmenter la fatigue et réduire la tolérance à la douleur. Chez une athlète qui cumule règles très abondantes, essoufflement inhabituel, fatigue durable et baisse de performance, un avis médical est pertinent : une carence en fer, entre autres causes, peut nécessiter une évaluation plutôt qu’une supplémentation improvisée.

Les signes qui doivent faire consulter sans attendre

Une douleur liée au cycle mérite une attention médicale lorsqu’elle change de nature, devient fortement unilatérale, empêche les activités ordinaires ou ne répond plus aux stratégies qui étaient habituellement efficaces. Le fait qu’elle survienne pendant les règles ne prouve pas qu’elle en est la conséquence.

Avertissement

Consultez rapidement en cas de fièvre, frissons, brûlures ou difficultés à uriner, besoin très fréquent d’uriner, douleur intense d’un seul côté, nausées ou vomissements, malaise, ou douleur qui s’aggrave rapidement. Une douleur très intense, un état général altéré, une grossesse possible ou des saignements anormalement abondants justifient une évaluation urgente.

Une infection urinaire peut remonter vers les reins et s’accompagner de fièvre et de douleur lombaire ou de flanc. Une colique néphrétique peut provoquer une douleur très intense, souvent par vagues, parfois avec nausées. Ces situations ne se règlent pas par du repos sportif ou une bouillotte. De même, une douleur lombaire accompagnée d’une faiblesse d’une jambe, d’un engourdissement étendu, d’une perte de sensibilité au périnée ou de troubles du contrôle des urines ou des selles requiert une prise en charge médicale urgente.

Enfin, des règles extrêmement douloureuses, une douleur pendant ou après les rapports, des douleurs à la défécation ou à la miction pendant les règles, une douleur pelvienne hors cycle, ou une infertilité ne doivent pas être minimisées. Ces manifestations peuvent notamment évoquer une endométriose, sans que cela puisse être affirmé sans examen. Des lésions d’endométriose peuvent concerner des zones proches des voies urinaires ; un bilan gynécologique est alors essentiel.

La régularité du cycle n’est pas un laissez-passer pour supporter une douleur qui réduit la vie quotidienne, le sommeil ou la pratique sportive.— Principe de prudence en santé menstruelle

Adapter l’entraînement sans renoncer systématiquement au sport

Il n’existe pas de programme valable pour toutes les phases du cycle ni pour toutes les disciplines. Deux sportives ayant le même jour de règles peuvent ressentir des symptômes opposés. L’objectif n’est donc pas de « performer malgré tout », ni de s’arrêter par principe : c’est d’ajuster la charge à des signaux concrets.

Choisir la bonne séance le jour J

Si les symptômes sont légers, une séance habituelle peut convenir, avec un échauffement plus long et une attention aux sensations. Si la douleur s’installe, baissez une ou plusieurs variables : intensité, durée, impact, volume de charge, amplitude ou complexité technique. Une sortie facile, une marche dynamique, une mobilité douce, du vélo à faible résistance, une nage tranquille ou une séance technique allégée sont souvent mieux tolérés qu’un travail maximal, des sprints, des pliométries ou des charges lourdes.

Quand bouger peut aider

  • La douleur diminue ou reste modérée à l’échauffement.
  • Le mouvement est fluide et ne provoque pas de compensation.
  • La séance reste facile à modérée et la récupération est prévue.
  • Les symptômes ne s’aggravent pas après l’effort ni le lendemain.

Quand il vaut mieux alléger ou arrêter

  • La douleur devient aiguë, localisée sur un flanc ou augmente à chaque impact.
  • La technique se dégrade ou une posture antalgique apparaît.
  • Des vertiges, une faiblesse inhabituelle, de la fièvre ou des nausées importantes surviennent.
  • La séance aggrave durablement la douleur ou perturbe le sommeil.

Quelques ajustements utiles selon la discipline

En course à pied, remplacer une séance d’intervalles par de l’endurance très calme ou du vélo peut réduire les impacts. En musculation, alléger les charges, éviter le travail au maximum et privilégier des mouvements contrôlés peut être plus judicieux qu’insister sur le gainage douloureux. Dans les sports collectifs, réduire temporairement les changements de direction explosifs ou le nombre de sauts est parfois préférable. Ces adaptations ne sont pas un échec : elles protègent la continuité de l’entraînement.

Prévenez, si nécessaire, l’entraîneur ou l’encadrement de confiance avec des mots simples : « douleur lombaire menstruelle, je peux m’entraîner mais j’ai besoin d’une version moins impactante ». Vous n’avez pas à détailler votre vie intime pour demander une modification de charge. En compétition, préparez en amont un plan B réaliste : stratégie d’échauffement, ravitaillement, protections menstruelles testées et critères personnels d’arrêt.

Astuce

Évaluez votre douleur et votre énergie avant, pendant puis le lendemain de la séance sur une échelle simple de 0 à 10. Après deux ou trois cycles, ce journal révèle souvent les formats d’effort les mieux tolérés et donne des éléments précis au médecin ou au préparateur physique.

Soulager la douleur : gestes utiles et prudence avec les médicaments

La chaleur locale sur le bas-ventre ou les lombaires, une douche chaude, des positions confortables, une respiration lente et une mobilité douce peuvent réduire les tensions perçues. Certaines personnes sont soulagées par des étirements très modérés des hanches et du dos ; d’autres les trouvent irritants. Évitez de forcer une zone douloureuse ou de chercher à « débloquer » brutalement le bassin.

Le sommeil, des repas suffisants et réguliers, ainsi qu’une récupération bien planifiée constituent des fondations plus fiables que les solutions miracles. Le café, certains aliments ou compléments ne déclenchent pas les mêmes symptômes chez toutes les personnes : observez vos réactions individuelles plutôt que d’adopter des interdits généraux. Aucun complément ne devrait remplacer l’évaluation d’une douleur importante ou nouvelle.

Antidouleurs : ne pas banaliser l’automédication

Certains médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être utilisés pour les douleurs de règles par certaines personnes, selon leurs contre-indications et les recommandations d’un médecin ou d’un pharmacien. Mais ils ne conviennent pas à tout le monde. Les anti-inflammatoires peuvent notamment poser problème en cas d’antécédents digestifs, rénaux, cardiovasculaires, d’asthme sensible à ces médicaments, de déshydratation ou de prise de certains traitements. Ils ne doivent pas masquer une douleur suspecte afin de maintenir une compétition.

Ne cumulez pas plusieurs médicaments de même famille, ne dépassez pas la notice et ne prenez pas de traitement emprunté. Si l’automédication devient nécessaire à chaque cycle, si elle est inefficace ou si la douleur revient dès son arrêt, prenez rendez-vous. Le médecin pourra discuter d’un bilan, de traitements adaptés et, si besoin, d’options de gestion du cycle compatibles avec votre situation et vos objectifs sportifs.

Construire un suivi utile avec les professionnels de santé

Un bon bilan commence par un récit précis. Notez le premier jour des règles, la zone douloureuse, l’intensité, la durée, l’irradiation, le flux, les symptômes urinaires ou digestifs, les médicaments pris et leur effet. Ajoutez la séance effectuée la veille et le jour même, votre sommeil et tout changement récent : augmentation du kilométrage, nouvelle paire de chaussures, modification de programme ou stress important. Ces données permettent de distinguer plus facilement un schéma cyclique d’une douleur mécanique ou d’un problème urinaire.

Un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme peut être le premier interlocuteur selon les symptômes. En cas de douleur liée au mouvement, un kinésithérapeute formé à la prise en charge lombo-pelvienne peut aussi aider à restaurer la mobilité, la force et la confiance dans le mouvement, en coordination avec le diagnostic médical. Pour une sportive suivie, le dialogue entre soignant, entraîneur et préparateur physique — avec son accord — évite les injonctions simplistes.

Le but n’est pas de médicaliser chaque gêne de cycle. C’est de ne pas laisser une douleur récurrente dicter silencieusement les entraînements, ni de manquer un signal d’alerte. Une pratique sportive durable repose sur cette nuance : écouter le corps, ajuster la charge et faire vérifier ce qui sort de l’ordinaire.

Questions fréquentes

On vous répond

Est-il normal d’avoir mal aux reins pendant ses règles ?

Une douleur du bas du dos pendant les règles est fréquente et peut correspondre à une irradiation de la douleur utérine ou à une tension musculo-squelettique majorée par le cycle. En revanche, une douleur réellement située sur un flanc, très intense, inhabituelle ou accompagnée de symptômes urinaires ne doit pas être considérée comme normale sans avis médical.

La répétition d’une douleur qui vous empêche de travailler, dormir ou vous entraîner mérite également un bilan, même si elle disparaît après les règles.

Puis-je courir ou faire de la musculation avec des douleurs lombaires menstruelles ?

Oui, si la douleur est légère à modérée, stable et sans signe d’alerte, une activité adaptée est souvent possible. Commencez par un échauffement progressif et choisissez une intensité qui ne dégrade ni votre technique ni vos sensations : endurance facile, mobilité, vélo doux ou charges réduites sont souvent de bonnes options.

Réduisez ou stoppez la séance si la douleur devient aiguë, unilatérale, augmente avec les impacts ou s’accompagne de vertiges, fièvre, nausées importantes ou symptômes urinaires.

Comment distinguer une douleur de règles d’une infection urinaire ?

Les douleurs de règles s’accompagnent plus volontiers de crampes pelviennes et de douleurs lombaires diffuses qui suivent le calendrier du cycle. Une infection urinaire peut donner des brûlures à la miction, des envies fréquentes ou urgentes d’uriner, une gêne sus-pubienne et parfois une urine d’aspect inhabituel.

Fièvre, frissons, douleur du flanc, nausées ou vomissements peuvent signaler une atteinte plus haute et justifient une consultation rapide. Pendant les règles, il est particulièrement important de ne pas interpréter seul la présence éventuelle de sang.

Les anti-inflammatoires sont-ils une bonne solution avant une compétition pendant les règles ?

Ils peuvent soulager certaines dysménorrhées, mais ne doivent pas être pris automatiquement pour pouvoir concourir. Le choix dépend de vos antécédents, de vos autres traitements, de votre état d’hydratation et du produit concerné. Les prendre dans un contexte de forte déshydratation ou pour masquer une douleur inexpliquée est risqué.

Demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien, respectez strictement la notice et ne mélangez pas les médicaments de même famille.

Une endométriose peut-elle provoquer des douleurs de dos pendant les règles ?

Oui, l’endométriose peut s’exprimer par des douleurs pelviennes qui irradient vers le bas du dos, mais ce symptôme seul ne permet pas de conclure. Des règles très douloureuses, des douleurs qui s’aggravent avec le temps, des douleurs pendant les rapports, à la selle ou en urinant pendant les règles sont autant d’éléments à signaler au professionnel de santé.

Un diagnostic repose sur une évaluation médicale complète. Il est utile d’apporter un journal de cycle et de symptômes pour accélérer l’orientation.

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