Pratique
Combien d’enseignants y a-t-il en France ?
Du primaire à l’université, le nombre d’enseignants dépend du périmètre retenu : voici comment lire les statistiques françaises sans les confondre.
La réponse courte est qu’il y a un peu plus d’un million d’enseignants dans les écoles, collèges et lycées français lorsque l’on réunit les secteurs public et privé sous contrat. En intégrant l’enseignement supérieur, l’ordre de grandeur se situe plutôt autour de 1,1 à 1,2 million.
Mais ce total n’est pas un compteur unique, figé et universel. Il varie selon l’année scolaire observée, les établissements retenus, le statut des personnels et la façon de compter le temps de travail. Pour comprendre les statistiques sans tirer de conclusions hâtives, il faut donc d’abord définir ce que recouvre le mot « enseignant ».
La réponse : de quel nombre parle-t-on ?
À la rentrée, les publications statistiques de l’éducation font apparaître un ensemble de plus d’un million d’enseignants dans le premier et le second degrés. Cela recouvre les professeurs des écoles, les enseignants de collège et de lycée, ainsi que les personnels exerçant dans les établissements privés sous contrat. Le chiffre exact évolue légèrement d’une rentrée à l’autre et dépend du champ compté.
Si l’on ajoute les enseignants de l’enseignement supérieur — universités, écoles relevant de l’enseignement supérieur, instituts universitaires de technologie et autres établissements concernés — le total national dépasse couramment le million et se rapproche de 1,1 à 1,2 million de personnes. Il faut néanmoins manier cette formule avec prudence : dans le supérieur, les frontières entre enseignant, enseignant-chercheur, doctorant chargé d’enseignement et intervenant extérieur ne sont pas identiques à celles de l’école ou du lycée.
Le chiffre de 870 000, que l’on rencontre parfois, ne doit donc pas être repris comme un total général sans indication. Il peut correspondre à un périmètre plus étroit — par exemple le seul secteur public, certains niveaux d’enseignement ou une année donnée — et ne permet pas de décrire à lui seul tous les enseignants exerçant en France.
Pour répondre correctement à la question, indiquez toujours le périmètre : « environ un million dans les écoles, collèges et lycées, public et privé sous contrat » ; « autour de 1,1 à 1,2 million avec l’enseignement supérieur ». Une précision de quelques mots évite une comparaison trompeuse.
Comment les enseignants se répartissent-ils par niveau ?
La grande majorité des enseignants travaille avant l’université. Deux ensembles structurent l’organisation française : le premier degré, qui regroupe les écoles maternelles et élémentaires, et le second degré, qui comprend collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels, ainsi que certaines structures adaptées.
Les ordres de grandeur ci-dessous donnent une lecture utile des données des rentrées récentes. Ils ne remplacent pas le tableau statistique d’une année précise : les catégories administratives, les temps de service et le champ des établissements peuvent déplacer sensiblement un total.
| Périmètre | Ce qu’il comprend | Ordre de grandeur habituel | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Premier degré | Écoles maternelles et élémentaires, publiques et privées sous contrat | Autour de 400 000 enseignants | Les professeurs des écoles assurent souvent plusieurs matières et parfois plusieurs niveaux. |
| Second degré | Collèges, lycées et dispositifs scolaires du second degré | Autour de 600 000 à 650 000 enseignants | Les besoins varient fortement selon les disciplines, notamment dans le professionnel et les spécialités du lycée. |
| Écoles, collèges et lycées | Premier + second degrés, public et privé sous contrat | Un peu plus d’un million | Selon les sources, les stagiaires, remplaçants et certains personnels spécialisés peuvent être comptés différemment. |
| Enseignement supérieur | Enseignants et enseignants-chercheurs des établissements du supérieur | De l’ordre d’une centaine de milliers ou davantage selon le champ | Les intervenants occasionnels et les enseignants relevant d’autres ministères complexifient le total. |
| Ensemble élargi de l’enseignement | Scolaire + supérieur | Environ 1,1 à 1,2 million | Ce n’est pas une catégorie unique et parfaitement homogène dans toutes les publications. |
Cette répartition explique pourquoi une addition faite à partir de chiffres partiels peut sembler incohérente. Compter seulement les enseignants titulaires du public, puis comparer ce résultat à un total incluant les contractuels et le privé sous contrat, revient à comparer des objets différents. De même, intégrer l’université d’un côté et l’exclure de l’autre fausse immédiatement le rapprochement.
Pourquoi le second degré concentre-t-il davantage d’effectifs ?
Le second degré emploie davantage d’enseignants parce que l’enseignement y est largement disciplinaire. Un même élève a plusieurs professeurs : français, mathématiques, langues, histoire-géographie, sciences, éducation physique, arts, technologie ou spécialités. Les heures de cours, les options, les groupes et les formations professionnelles nécessitent une organisation plus diversifiée que dans une classe de primaire, où un professeur des écoles prend en charge l’essentiel des apprentissages.
Le nombre d’enseignants n’est pas seulement lié au nombre d’élèves : il reflète aussi la manière d’enseigner, les programmes, les disciplines et l’organisation des établissements.— Lecture essentielle des statistiques scolaires
Ce que comptent réellement les statistiques
Les chiffres les plus solides sont publiés chaque année par les services statistiques de l’État, notamment la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) pour le scolaire, et les services compétents de l’enseignement supérieur pour ce dernier. Les publications de référence, telles que les recueils annuels de données de l’éducation, sont préférables aux compilations non sourcées ou aux chiffres repris d’année en année sans mise à jour.
Le mot « enseignant » peut désigner une personne en fonction, un agent rémunéré, un poste budgétaire ou un équivalent temps plein. Or ces notions ne se superposent pas. Deux enseignants à mi-temps représentent deux personnes, mais environ un équivalent temps plein. À l’inverse, un enseignant remplaçant peut être rattaché à une académie plutôt qu’à une classe fixe ; sa présence est pourtant indispensable au fonctionnement du système.
Public, privé sous contrat et privé hors contrat
Dans le public, les enseignants relèvent principalement de l’État, qu’ils soient titulaires, stagiaires ou contractuels. Dans le privé sous contrat, les professeurs exercent dans des établissements privés associés au service public d’éducation, avec des règles de financement et de gestion spécifiques. Les statistiques nationales les intègrent souvent lorsque le champ est celui des établissements sous contrat.
Le privé hors contrat, en revanche, représente un champ distinct : ses effectifs sont plus difficiles à agréger de façon parfaitement comparable et peuvent ne pas figurer dans le même tableau. Il existe aussi des enseignants dans l’agriculture, la défense, la santé, la culture ou les collectivités, ainsi que dans la formation continue. Les inclure ou non dépend de la question posée.
Avant de citer un total, vérifiez quatre éléments dans la source : l’année ou la rentrée, le niveau d’enseignement, l’inclusion du privé sous contrat et l’unité de compte — personnes physiques ou équivalents temps plein.
Pourquoi trouve-t-on des chiffres différents ?
Des résultats différents ne signifient pas nécessairement qu’une source est erronée. Ils traduisent souvent un changement de périmètre. Une donnée portant sur les enseignants du ministère de l’Éducation nationale ne couvre pas forcément ceux du ministère chargé de l’Agriculture. Un total des établissements scolaires ne comprend pas automatiquement les universités. Une statistique de personnels « en activité » n’a pas le même sens qu’un nombre de postes ouverts au concours.
Une comparaison pertinente
- Deux rentrées successives, avec le même périmètre.
- Le premier degré public comparé au premier degré public.
- Des effectifs de personnes comparés à des effectifs de personnes.
- Des données clairement attribuées à une publication statistique officielle.
Une comparaison trompeuse
- Un total scolaire mis face à un total incluant l’université.
- Un effectif public seul comparé au public et au privé réunis.
- Des postes de concours assimilés à des enseignants effectivement présents.
- Un chiffre ancien présenté comme une photographie actuelle.
Le territoire peut également jouer. Les données nationales comprennent généralement les académies et les territoires ultramarins selon le champ annoncé, tandis que certaines analyses se limitent à la France métropolitaine. Enfin, les changements de nomenclature, de gestion administrative ou de présentation statistique peuvent conduire les producteurs de données à réviser une série.
Le piège des « postes non pourvus »
Un poste non pourvu à un concours ne se traduit pas mécaniquement par une classe sans professeur sur toute l’année. Les académies peuvent recourir à des listes complémentaires, à des enseignants contractuels, à des heures supplémentaires ou à des réorganisations de service. Ces solutions ne résolvent pas toujours les difficultés locales, mais elles montrent pourquoi il faut distinguer le recrutement, les postes budgétés et les effectifs d’enseignants.
Un grand nombre d’enseignants ne garantit pas les mêmes conditions partout
Le total national masque des réalités très contrastées. Une académie peut disposer globalement d’assez d’enseignants et rencontrer néanmoins des tensions dans certaines disciplines, dans les zones rurales, les territoires très urbanisés, l’éducation prioritaire ou les établissements éloignés. Les remplacements de courte durée et les affectations en cours d’année sont également des enjeux distincts du nombre total d’enseignants.
Les besoins ne suivent pas uniquement la démographie scolaire. La taille des classes, l’ouverture d’options, l’accompagnement du handicap, les dispositifs de soutien, l’éducation prioritaire, les départs en retraite et le temps partiel modifient tous l’équation. Une baisse du nombre d’élèves dans une zone ne signifie donc pas automatiquement une baisse proportionnelle des besoins en personnels.
À l’inverse, parler de « pénurie » à partir d’un seul indicateur est réducteur. Il faut regarder, discipline par discipline, le vivier de candidats, les emplois proposés, les conditions d’exercice et les solutions de remplacement. Les mathématiques, les lettres, les langues, les sciences, l’enseignement professionnel ou les professeurs des écoles ne connaissent pas nécessairement la même situation selon les académies.
Ne déduisez pas le taux d’encadrement d’une simple division entre le nombre d’élèves et le nombre d’enseignants. Un professeur peut enseigner à plusieurs classes, exercer à temps partiel, remplacer des collègues ou assurer des missions qui ne se traduisent pas par une classe fixe.
Comment trouver le bon chiffre pour une année donnée ?
Pour obtenir une donnée actualisée et citée correctement, commencez par les publications statistiques de l’Éducation nationale consacrées à la rentrée scolaire. Recherchez les tableaux sur les personnels enseignants, puis identifiez le champ : premier degré, second degré, public, privé sous contrat, France entière ou territoire spécifique. Pour l’université, consultez les statistiques du ministère chargé de l’Enseignement supérieur plutôt que d’extrapoler les données du scolaire.
- Fixez la question. Cherchez-vous les professeurs des écoles, tous les enseignants du scolaire, ou tous les professionnels de l’enseignement jusqu’à l’université ?
- Choisissez la même année de référence. Une rentrée scolaire et une année civile ne sont pas toujours interchangeables.
- Lisez la note méthodologique. Elle précise les statuts, établissements et territoires couverts.
- Conservez l’unité. Ne mélangez pas agents, postes, heures d’enseignement et équivalents temps plein.
- Citez la source avec son millésime. C’est indispensable si le chiffre est utilisé dans un dossier, un mémoire ou un débat public.
En définitive, la formulation la plus juste reste la suivante : la France dispose d’un peu plus d’un million d’enseignants dans son système scolaire, et d’environ 1,1 à 1,2 million si l’on élargit au supérieur. Ce n’est pas l’addition brute qui compte le plus, mais la définition qui l’accompagne.
Questions fréquentes
On vous répond
Combien y a-t-il de professeurs des écoles en France ?
Les professeurs des écoles et autres enseignants du premier degré représentent autour de quatre cent mille personnes lorsque l’on considère les écoles maternelles et élémentaires dans le public et le privé sous contrat. Le total précis dépend de la rentrée et de la méthode de décompte retenue.
Attention : il ne faut pas confondre ce nombre avec le nombre de classes. Les remplaçants, les enseignants exerçant à temps partiel et ceux affectés à des missions particulières ne correspondent pas nécessairement à une classe attribuée.
Combien y a-t-il d’enseignants dans le secondaire ?
Les collèges et lycées concentrent généralement autour de six cent mille à six cent cinquante mille enseignants dans le public et le privé sous contrat. Cet ensemble inclut des disciplines et des voies de formation très diverses, du collège au lycée professionnel.
Les chiffres peuvent varier selon que la source inclut les personnels affectés dans certaines structures adaptées, les stagiaires ou les enseignants qui n’exercent pas à temps complet.
Le chiffre d’un million d’enseignants inclut-il les universités ?
Pas toujours. Dans l’usage statistique courant, le « million » renvoie le plus souvent aux enseignants des écoles, collèges et lycées. Les enseignants et enseignants-chercheurs du supérieur font l’objet de séries statistiques distinctes.
Pour un total englobant le scolaire et le supérieur, il est plus prudent de retenir un ordre de grandeur d’environ 1,1 à 1,2 million, tout en précisant les catégories incluses.
Les enseignants du privé sont-ils compris dans les statistiques nationales ?
Les publications relatives au système scolaire incluent fréquemment les enseignants du privé sous contrat, en distinguant leurs effectifs de ceux du public. Il faut toutefois lire l’intitulé exact du tableau : certaines données ne concernent que le secteur public.
Le privé hors contrat et les enseignants d’organismes de formation privés peuvent relever d’un autre champ statistique. Ils ne doivent donc pas être ajoutés sans vérifier la méthode de la source.
Pourquoi le nombre d’enseignants ne permet-il pas de connaître la taille des classes ?
Parce qu’un effectif enseignant national rassemble des situations très différentes : temps partiel, remplacement, enseignement dans plusieurs classes, dédoublements, options, missions spécialisées ou fonctions exercées hors d’une classe ordinaire. Dans le secondaire, un même groupe d’élèves est en outre suivi par de nombreux professeurs.
Pour analyser la taille des classes, il faut consulter les indicateurs dédiés au nombre moyen d’élèves par classe ou par division, et les lire par niveau, type d’établissement et territoire.